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The Paint Method

Comment poser une couleur et ne pas y revenir, et quoi faire d'un tableau déjà abîmé quand repasser dessus ne fait qu'empirer les choses.

Parce que ce n'est pas votre première couche qui rate le tableau, c'est la troisième : chaque fois que le pinceau revient sur une couleur déjà posée, il coûte de la lumière au papier, et cette lumière ne se rend pas. Aucune notion nécessaire, rien à réviser, aucun mot d'école à connaître ; il faut en revanche avoir déjà peint quelques tableaux, parce que tout ce livre se juge sur les vôtres.

À gauche une couleur posée une seule fois, à droite la même couleur reprise trois fois et devenue lourde

La même couleur, la même eau, le même papier. Ce qui a changé, c'est le nombre de fois où le pinceau est revenu dessus.

Le livre numérique « Pourquoi c'est pire quand vous repassez dessus », à lire et à appliquer ce soir, une feuille et votre boîte posées à côté de vous.

Continuez à lire si vous en avez assez de gâcher un tableau en essayant de l'améliorer :

  • Pourquoi la couleur devient plus lourde et le papier plus sourd à chaque retour du pinceau, et pourquoi en remettre une couche n'y change rien.
  • Comment une touche se décide avant de tremper le pinceau : où elle va, quelle taille elle fait, à quel point elle est dense, écrit sur trois colonnes avant de commencer.
  • Le demi-sec, ce moment où la couche n'est plus mouillée et pas encore sèche : c'est le seul où une touche ajoutée arrache au lieu de poser, et il se reconnaît à l'œil, sans poser le doigt.
  • Le compte des touches, écrit dans le coin de la feuille avant de commencer, et les trois questions qui remplacent l'impression de la fin.
  • Les trois sorties d'un tableau déjà abîmé, retirer, recadrer, refaire à côté, et pourquoi repeindre par-dessus n'en est pas une.
  • Ce qui ne se rattrape pas, dit tôt et sans détour, pour que vous ne perdiez pas une soirée sur une feuille qui ne reviendra pas.

Chère lectrice,

Vous avez peint quelque chose. La première couche est posée, elle est un peu pâle, un peu molle, elle ne dit pas ce que vous vouliez dire. Alors vous y retournez.

Et vous connaissez la suite. Une deuxième fois, une troisième, et à chaque retour la couleur devient plus lourde. Vous posez le pinceau en vous disant que c'est encore raté, et vous ne savez toujours pas à quel endroit exactement ça a basculé. Le lendemain, la feuille est dans une pile que vous ne montrez à personne.

De : Élise Marchand, pour The Paint Method
Lieu : une table de cuisine, quelque part en France

Ce n'est pas la première couche qui rate le tableau, c'est la troisième

Ce qui a tout changé chez moi, ce n'est pas une meilleure boîte ni un meilleur papier. C'est d'avoir compris que le geste qui abîme mes tableaux était exactement celui que je faisais pour les sauver.

Une aquarelle tient sa lumière du papier, pas de la couleur. Chaque fois que le pinceau revient sur une couleur déjà posée, il en retire un peu, et il n'existe aucun moyen de la lui rendre. La deuxième couche coûte peu. La troisième coûte tout.

Deux taches de la même couleur, l'une posée d'un geste, l'autre reprise deux fois de plus
La même couleur et la même eau : seul le nombre de gestes change. Celle de gauche a un seul bord, celle de droite en a trois.

De là vient la règle qui tient tout le livre, et elle tient en une ligne : décidez avant de tremper le pinceau, posez la touche en une fois, et ne revenez pas sur une couche au demi-sec. C'est le geste que toute la collection cite sans jamais l'enseigner, parce qu'il demande un livre entier. Celui-ci est ce livre-là.

Et pour les tableaux que vous avez déjà trop repris, il reste trois sorties, dont aucune n'ajoute une couche. Retirer de la couleur au lieu d'en ajouter. Couper la feuille aux ciseaux pour garder la partie qui tient. Refaire le même motif en petit, tout de suite, sur une autre feuille. Repeindre par-dessus est la quatrième, celle que la main prend toute seule, et la seule des quatre qui aggrave.

Vous pouvez essayer ça ce soir, avant même de décider quoi que ce soit sur cette page : posez deux taches de la même couleur sur une feuille, laissez la première tranquille, repassez deux fois sur la seconde, et attendez le sec. La feuille vous répondra toute seule.

Poser, attendre, s'arrêter, réparer : dans cet ordre

Poser. Une touche est une charge de pinceau posée d'un seul geste et laissée telle quelle jusqu'au sec. Elle se décide avant : où elle va, quelle taille, quelle densité, et avec quelle eau elle tiendra jusqu'à ce qu'elle sèche. Un pinceau plus gros que celui que vous alliez prendre fait la moitié du travail.

Attendre. Une couche passe par trois états, et un seul est dangereux : le demi-sec, quand le brillant s'est éteint mais que le papier n'est pas encore mat. Une touche posée là arrache la couche du dessous au lieu de se poser dessus. Le livre vous fait mesurer au minuteur combien de temps dure VOTRE demi-sec, sur VOTRE papier, et vous donne un geste à faire pendant ce temps-là pour ne pas y toucher.

S'arrêter. Pas sur une impression. Sur le nombre de touches que vous avez écrit dans le coin de la feuille avant de commencer, sur trois questions posées à un tableau sec, et sur un pas de recul d'un mètre pris avant chaque touche de fin.

Réparer. Les trois sorties, et le critère qui dit laquelle prendre : c'est l'étendue du défaut qui commande, pas l'envie.

Quatre taches de la même couleur, posées une, deux, trois et quatre fois
Quatre fois la même couleur, et la différence à chercher est entre les deux dernières : le grain du papier a disparu.

L'ordre compte. On apprend à ne plus abîmer avant d'apprendre à réparer, sinon on répare toute sa vie.

À ce moment-là, vous avez deux options

Option n°1Continuer comme aujourd'hui : voir la première couche décevoir, y retourner, voir la couleur s'alourdir, y retourner encore, poser le pinceau sur une feuille sourde, et ranger le tableau dans la pile qu'on ne montre pas.
Option n°2Apprendre le geste une fois pour toutes : décider avant, poser en une fois, laisser sécher sans y toucher, s'arrêter sur un fait. Et pour ceux qui sont déjà abîmés, choisir une sortie au lieu d'ajouter une couche.

La deuxième option demande une lecture et quelques soirées de gestes courts. La première coûte des feuilles, du temps, et l'envie de ressortir la boîte.

Imaginez

  • Imaginez poser une couleur, reposer le pinceau sur la table, et ne plus y toucher, parce que vous aviez décidé avant ce que cette touche devait faire.
  • Imaginez voir un défaut apparaître pendant que ça sèche et ne pas y toucher, parce que vous savez que la couche est au demi-sec et que ce que vous feriez là arracherait tout.
  • Imaginez vous arrêter parce que vous avez atteint le nombre de touches écrit dans le coin de la feuille, et non parce que vous êtes fatiguée de chercher.
  • Imaginez reprendre un tableau abîmé, choisir une sortie, la faire en dix minutes, et le remettre dans la pile en sachant ce que vous en avez appris.

Ce que vous saurez faire en le refermant

  • Écrire une touche avant de tremper le pinceau : où elle va, quelle taille, quelle densité, sur une ligne, et la poser telle quelle.
  • Charger le pinceau pour la touche entière, en un seul coup, et aller jusqu'au bout sans retremper.
  • Reconnaître le demi-sec à l'œil, en lumière rasante, sans poser le doigt, et savoir combien de temps il dure sur votre papier.
  • Annoncer combien de touches un motif demande, l'écrire dans le coin de la feuille, et dire à la fin de combien vous vous êtes trompée.
  • Arrêter un tableau sur trois questions et un pas de recul, au lieu d'une impression.
  • Devant un tableau abîmé, choisir une des trois sorties selon l'étendue du défaut, et l'appliquer sans ajouter une couche.
  • Reconnaître une feuille qui ne reviendra pas, la dater, la garder dans la pile, et passer à la suivante.
Une tache d'aquarelle dense posée d'un seul geste, sèche, sur un papier à grain
Une charge de pinceau, un geste, et le papier respire encore dessous.

Ce que vous devez avoir, et ce qu'il ne faut surtout pas acheter

Vous n'avez besoin de rien de plus que ce que vous avez déjà. C'est une règle que je me suis imposée en écrivant ce livre, et la liste de matériel a été écrite après les trente-six leçons, pas avant, pour être sûre qu'aucune ne demandait un achat.

La voici en entier : votre boîte, telle qu'elle est, une boîte d'écolier comprise ; vos pinceaux, tels qu'ils sont ; votre papier et des chutes du même papier, parce que le grain de la chute doit être celui de votre feuille, sinon l'essai ne vous apprend rien ; de l'eau, du papier absorbant et un chiffon de coton, un vieux torchon de cuisine fait l'affaire ; une paire de ciseaux de bureau ; un crayon et quelques feuilles ordinaires ; de quoi compter les minutes ; une lampe que vous pouvez incliner, ou une fenêtre ; et vos tableaux déjà faits, même ceux que vous n'aimez pas.

C'est tout. Aucune couleur à acheter, aucun papier à acheter, aucun accessoire, aucune application à installer et aucun code à scanner.

Pour quel matériel, et pour qui

Le livre est écrit pour l'aquarelle, et c'est elle qui commande les exemples. Le geste vaut de la même façon pour la gouache et pour l'acrylique : ce sont trois médiums à l'eau, et dans les trois, une couleur posée puis reprise avant d'être sèche se salit. Ce qui change de l'un à l'autre, c'est ce qui couvre et ce qui laisse passer, autrement dit l'opacité, et le livre le signale là où ça compte. L'huile est hors de ce livre, et je préfère le dire ici qu'à la page cinquante : en huile, revenir sur une couleur est le geste normal, et la règle de ce livre y serait fausse.

C'est pour vous si vous avez déjà peint quelques tableaux et que vous êtes déjà revenue dessus en le regrettant. Aucune notion n'est nécessaire : rien à réviser, aucun mot d'école à connaître à l'avance. Vous voulez un geste, pas un état d'esprit.

Ce n'est pas pour vous si vous n'avez jamais tenu un pinceau : une leçon vous fait peindre un petit motif pour avoir quelque chose à comparer, mais c'est un dépannage, pas une porte d'entrée. Si vous cherchez un cours de composition, de cadrage ou de choix du sujet : ce livre ne traite pas ce sujet, il ne parle que du geste et de ses réparations. Si vous peignez à l'huile, ce livre-ci n'est pas le vôtre.

Les questions que vous vous posez

« On n'a donc jamais le droit de revenir sur une couche ? » Si, une fois, et à des conditions écrites. Une seconde couche posée sur une zone sèche, parce que vous l'aviez décidé avant de commencer, n'est pas un deuxième passage. Une leçon entière lui est consacrée, et c'est le seul retour que ce livre autorise.

« Et mes tableaux déjà abîmés, je les jette ? » Non. Vous les gardez, datés au dos au crayon, et la partie 4 vous fait choisir pour chacun une des trois sorties selon l'étendue du défaut. Une leçon dit aussi, sans détour, ce qui ne se rattrape pas.

« Mon papier est bas de gamme, c'est sûrement ça. » Peut-être, en partie. Le livre ne conclut pas à votre place : il vous fait mesurer combien de passages VOTRE papier supporte, sur une bande de quatre essais, et c'est votre bande qui répond.

« Je n'arrive pas à m'empêcher d'y toucher. » C'est le cas le plus fréquent, et ce n'est pas une question de volonté : c'est un moment, le demi-sec, et un geste d'attente à décider à l'avance. Le livre vous fait écrire ce geste avant la séance, pas pendant.

« Je n'ai pas le temps. » Les exercices durent entre dix et vingt minutes, séchage compris, et vous ne les faites pas tous d'un coup : vous prenez celui de la leçon que vous venez de lire.

« J'ai peur de gâcher une belle feuille. » Vous ne toucherez pas votre belle feuille. Les essais se font sur des chutes du même papier, et une feuille déchirée en quatre fait quatre chutes.

« Et si j'ai besoin d'aide ? » Vous écrivez à contact@thepaintmethod.com. Une vraie adresse, sur cette page, avant l'achat.

J'ai le plaisir de vous présenter mon livre numérique :

Le livre Pourquoi c'est pire quand vous repassez dessus, en 3D

« Pourquoi c'est pire quand vous repassez dessus »

Un livre numérique au format PDF, à lire sur votre téléphone posé à côté de la feuille, sur votre ordinateur, ou imprimé si vous préférez le papier.

Il est construit autour d'une contrainte que je me suis imposée : une image par cas. Vous devez pouvoir comparer ce que vous voyez sur votre feuille avec ce qui est sur la page, et reconnaître votre cas sans avoir à le décrire avec des mots que vous n'avez pas. Il y en a soixante-deux.

Chaque leçon se termine par une phrase qui commence par « En sortant de cette leçon, vous savez », et qui nomme quelque chose que vous faites, pas quelque chose que vous comprenez. C'est ce qui se vérifie.

Il est écrit dans une langue sans mot d'expert. Vous n'avez besoin de rien d'autre que de votre boîte, de votre papier et de vos tableaux déjà faits.

Ce que vous trouverez dedans, partie par partie

Partie 0 · Ce que le deuxième passage fait
Trois leçons. On n'ouvre pas sur une règle : on ouvre sur deux taches de la même couleur, l'une posée d'un geste, l'autre reprise deux fois, et on attend le sec. Puis la bande des quatre passages, qui vous dit combien votre papier en supporte. Puis, devant votre dernier tableau, laquelle des trois raisons vous a fait y revenir.
Partie 1 · La touche, posée une fois
Six leçons. Décider avant de tremper le pinceau. Charger pour la touche entière. Prendre un pinceau plus gros que celui que vous alliez prendre. Combien d'eau une touche demande pour tenir jusqu'au sec, ce qui est aussi la question du lavis. Où une touche s'arrête. Et poser, puis ne plus rien faire.
Partie 2 · Le demi-sec, le seul moment où une touche ajoutée arrache
Cinq leçons. Les trois états d'une couche. Reconnaître le demi-sec à l'œil, en lumière rasante. Ce qu'une touche y fait vraiment. Le geste d'attente, décidé avant. Et revenir sur une couche sèche, à quelle condition : c'est là que tombe ce qu'on appelle ailleurs un glacis, une couleur posée par-dessus une couche déjà sèche, et la seule question qui compte ici est à quelle condition on a le droit de le faire.
Partie 3 · Comment vous saurez que c'est fini
Six leçons. Le nombre de touches annoncé avant de commencer. Les trois questions de la fin. Le pas de recul. Le tableau qu'on revoit le lendemain. Le geste qui remplace la retouche. Et ce que ce livre ne dira jamais de votre tableau : il ne dit pas s'il est beau, et il ne mesure pas ses valeurs, qui sont le sujet entier d'un autre livre de la collection.
Partie 4 · Rattraper sans repeindre, les trois sorties
Sept leçons. La quatrième sortie, celle que la main prend toute seule. Retirer dans la minute, puis retirer sur une couche sèche. Recadrer aux ciseaux. Refaire à côté, tout de suite. Choisir sa sortie sur l'étendue du défaut. Et ce qui ne se rattrape pas, dit avant les exercices et non après.
Partie 5 · La séance, pour que l'habitude tienne
Quatre leçons. Le même motif deux fois dans la même séance. Combien de touches un motif demande vraiment. S'arrêter au milieu et reprendre demain sans tout défaire. Et la pile : vos tableaux gardés, les abîmés compris, datés au dos.
Partie 6 · Les trois exercices, et le contrôle
Cinq leçons. Trois exercices pas à pas : la bande des quatre passages, le même motif peint deux fois puis lu point par point, et trois tableaux abîmés avec une sortie chacun. On termine sur la fiche de fin en six points, passée sur votre dernier tableau.
Cinq fiches à imprimer
La fiche de la touche, la bande des quatre passages à reporter sur votre papier, la fiche du demi-sec avec ses deux temps mesurés, la fiche des trois sorties, et la fiche de fin en six points. Plus un exemple de fiche déjà remplie, avec une ligne laissée vide et ce que cette case vide déclenche.

Votre livre numérique, aujourd'hui

  • Le livre complet en PDF : 36 leçons, 7 parties, 62 planches en couleur (valeur : 47 €)
  • Les cinq fiches à imprimer, dont la bande des quatre passages et la fiche du demi-sec
  • La fiche de fin en six points, et son exemple rempli
  • Accès à vie, à lire et relire à votre rythme, sur le support que vous voulez
47 € 17 €

Accès 100 % numérique, immédiat. Aucun envoi postal.

Vous recevez votre accès à vie par email, dans la minute qui suit votre commande.

Garantie 30 jours, sans condition

Lisez le livre. Faites la première leçon ce soir, les deux taches et le séchage. Faites les trois exercices de la dernière partie. Si dans les 30 jours vous estimez que ça ne vous apporte rien, écrivez à contact@thepaintmethod.com et vous êtes remboursée intégralement.

Pas de formulaire, pas de justification à fournir, pas de question. Et vous gardez le livre : je ne saurais de toute façon pas comment vous le reprendre.

Autrement dit : soit vous posez enfin une couleur sans y revenir, soit ce livre ne vous coûte rien. Le seul risque qui reste, c'est de refermer cette page et d'abîmer un tableau de plus en essayant de l'améliorer.

P.S. Si vous ne devez retenir qu'une chose de cette page, retenez celle-ci : la lumière d'une aquarelle vient du papier, et chaque retour du pinceau lui en retire un peu, sans jamais la rendre. Décidez avant, posez en une fois, laissez sécher. Et quand c'est déjà abîmé, il reste trois sorties, et repeindre par-dessus n'en est aucune.

P.P.S. Le livre est à 17 € aujourd'hui au lieu de 47 €, et il est couvert par la garantie de 30 jours. Vous pouvez le lire ce soir, poser vos deux taches, et décider ensuite.

Élise Marchand, pour The Paint Method

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