Parce qu'un paysage qui reste sur une seule épaisseur n'est ni un manque de talent ni un manque de matériel : il n'a pas été rangé. Une image se range en trois bandes de distance, le lointain, le milieu et le devant. Chacune reçoit trois réglages décidés avant que le pinceau soit chargé : sa clarté, sa netteté et sa lisière. Et les trois se posent du plus loin vers le plus près.
Aucune notion de perspective ni de paysage nécessaire : rien à réviser, aucun mot d'école à connaître à l'avance. Il faut en revanche savoir charger un pinceau, poser une couleur sur du papier qui accepte l'eau, et attendre qu'une couche soit sèche, parce que ce livre commence exactement là.
La même image, le même papier, le même pinceau. Ce qui a changé, ce sont trois réglages écrits avant de charger le pinceau.
Le livre numérique « Peindre un paysage en trois plans », à lire et à appliquer ce soir, un de vos paysages secs posé à côté de vous.
Vous avez une boîte d'aquarelle et une image de paysage qui vous plaît depuis longtemps. Une colline, un chemin, un bord de mer. Elle est peut-être dans votre téléphone depuis des mois.
Et si vous avez essayé, vous savez comment ça se passe. Vous commencez par ce qui vous attire, l'arbre, la maison, le sujet. Vous peignez chaque morceau avec le même soin. Vous reculez, la feuille sèche, et tout y est à la même distance : le fond monte sur le devant, le devant recule, et rien ne se tient derrière rien. Vous rangez la feuille dans un tiroir.
De : Élise Marchand, pour The Paint Method
Lieu : une table de cuisine, quelque part en France
Ce qui a tout changé chez moi, ce n'est pas un meilleur papier. C'est d'avoir arrêté de peindre un paysage morceau par morceau, et d'avoir commencé par le ranger.
Une image de paysage se range en trois bandes de distance, et il n'y en a que trois. Le lointain, ce qui touche l'horizon. Le milieu, entre les deux, qui porte presque toujours le sujet. Le devant, au bas de la feuille, celui qui se pose en dernier. Ce ne sont ni trois couches de peinture ni trois étapes de méthode : ce sont trois distances.

Et voici ce qui rend la chose utilisable : chaque plan reçoit les trois mêmes réglages, décidés avant que le pinceau soit chargé. Sa clarté, c'est-à-dire à quel point il est pâle par rapport aux deux autres. Sa netteté, c'est-à-dire la quantité de détail qu'il a le droit de porter. Sa lisière, c'est-à-dire la façon dont il s'arrête contre le suivant. Trois questions, posées trois fois.
Ce rangement est gratuit. Il prend dix minutes et il ne demande pas de peindre : deux traits de crayon léger dans la marge d'une image que vous avez déjà, et vous savez où tombent vos trois plans. Mais ranger ne suffit pas : il faut ensuite les poser, et l'ordre dans lequel ils entrent décide de tout le reste.
Le lointain. La bande qui touche l'horizon, la plus claire de la feuille, et celle qu'on pose en premier. Elle n'a droit à aucun bord net : une seule branche nette dedans, et toute la bande vient s'asseoir devant vous. Ce qui remplace le détail, c'est une forme d'ensemble et une seule différence de clarté à l'intérieur de la bande.
Le milieu. C'est la bande qu'on regarde, donc celle où l'on met trop. Elle porte le sujet, elle se tient nettement plus dense que le lointain, et ses formes se reconnaissent de loin sans qu'une seule feuille ni une seule tuile y soit peinte. Son écart de clarté avec le lointain se décide avant, sur une chute de papier, et il se juge sec.
Le devant. La bande la plus proche, la plus dense, et la seule qui a le droit d'être nette. Le seul bord net de la feuille est ici, et il est unique. C'est aussi ici que se trouve l'endroit où le grain du papier disparaît complètement sous la couleur.

L'ordre compte, et ce n'est pas une habitude : à l'aquarelle, ce qui est posé devant ne se contourne plus. On pose du plus loin vers le plus près, et chaque plan déjà sec interdit trois choses au suivant.
La deuxième option demande une lecture et une soirée. La première coûte des paysages qu'on n'ose plus montrer, et une image qu'on n'a toujours pas peinte.

Vous n'avez besoin de rien de plus que ce que vous avez déjà. C'est une règle que je me suis imposée en écrivant ce livre, parce que le conseil le plus répandu, quand un paysage s'écrase, est d'acheter un meilleur papier ou une couleur de plus. C'est le conseil qui coûte le plus cher et qui règle le moins de choses.
La liste de matériel tient en sept lignes : un pinceau qui porte une pointe et retient l'eau ; un pinceau plus petit ; la boîte que vous avez, telle qu'elle est ; du papier qui accepte l'eau ; un verre ; un chiffon ; et une chute découpée dans le même papier que celui sur lequel vous peindrez.
Le grain de cette chute doit être celui de votre feuille, parce que c'est lui qui décide de ce qu'on voit d'un lointain très pâle et de ce qu'il faut charger pour le combler dans un devant très dense. Sur un autre papier, l'essai ne vous apprend rien sur ce qui va se passer sur le vôtre.
C'est tout. Aucun papier à acheter, aucune couleur à acheter, aucun pinceau à acheter.
Le livre est écrit pour l'aquarelle, et les trois plans valent de la même façon pour la gouache et pour l'acrylique diluée : ce sont trois médiums à l'eau, et une distance s'y range aux mêmes endroits. Ce qui change de l'un à l'autre, c'est le pouvoir couvrant de la couleur, autrement dit son opacité : une couleur couvrante ne laisse pas voir le grain du papier sous un lointain pâle, et le livre le dit à chaque fois que ça compte. Il n'est pas écrit pour la peinture à l'huile, où l'ordre de pose dont il parle n'a pas la même conséquence.
C'est pour vous si vous avez déjà peint quelques feuilles, si vous savez charger un pinceau et poser une couleur, et si vos paysages ne reculent pas. Vous avez une image sous les yeux et vous ne savez pas par quel bout la prendre. Vous voulez comprendre ce qui se passe, pas suivre des étapes à recopier.
Ce n'est pas pour vous si vous cherchez des paysages tout faits à reproduire : ce livre n'en donne aucun, il donne un ordre de pose. Si vous peignez depuis quinze ans et que vos trois plans se comptent déjà.
Ce que ce livre n'est pas. Ce n'est pas un cours de valeurs : il ne les enseigne pas sous ce nom et il ne mesure pas votre tableau une fois fini, et un autre livre de la collection fait ce travail en clair. Ce n'est pas un cours de composition : où poser l'horizon, ce qu'on garde de la scène et où l'on coupe ne sont pas son sujet ; il reçoit une image déjà cadrée et il la range. Il ne fabrique aucune couleur, il ne remonte à la cause d'aucune couleur qui salit, il n'enseigne ni la fleur ni ce que le ciel et l'eau exigent de leur première couche. Chacun de ces travaux est nommé dans le livre, en une phrase, et renvoyé au livre de la collection qui le traite.
« Je n'ai jamais compris comment on fait reculer un fond. » C'est exactement le sujet, et la réponse n'est pas un tour de main. Un plan recule quand il est plus clair, moins net et moins bordé que celui qui est devant lui. Ce sont trois réglages, ils se décident avant de peindre, et ils se vérifient sur la feuille sèche à un mètre.
« Ma boîte n'est pas la même que la vôtre. » C'est justement pour ça que rien dans ce livre ne repose sur un nom de couleur. Vous posez trois bandes d'une même famille de couleur sur une chute, de la plus pâle à la plus dense, et ce sont ces trois bandes-là qui vous disent si votre feuille tiendra. Elles ne valent que chez vous, et elles valent pour toujours.
« Je mets du détail partout, je ne sais pas m'en empêcher. » Vous n'avez pas à vous en empêcher partout : vous avez un endroit où en mettre, et un seul. Le livre vous fait le choisir avant de peindre, l'entourer sur la feuille sèche, et le compter. Un, parfois deux, jamais dix.
« J'ai déjà tout essayé, ça ne marchera pas. » Vous avez tout essayé en même temps : plus de couleur, un autre pinceau, un fond plus pâle, un devant plus sombre. Quand on change quatre choses à la fois, on ne sait pas laquelle comptait. Ce livre ne vous propose pas une cause de plus, il vous fait décider trois réglages, un par plan, et regarder ce que chacun a fait.
« Je n'ai pas le temps. » Le rangement se fait sans peindre : deux traits dans la marge et neuf cases sur une fiche. Vous pouvez le faire dans le train, devant une image que vous avez déjà.
« J'ai peur de gâcher une belle feuille. » Vous ne toucherez pas votre belle feuille. Les trois bandes se posent sur une chute découpée dans le même papier, et c'est exactement à ça qu'elle sert : voir sécher avant de poser.
« Je ne suis pas douée, c'est tout. » Personne ne naît en sachant qu'un bord net suffit à ramener une colline entière devant soi. Ce n'est pas du talent, c'est une information. On ne vous l'a pas donnée, et vous avez conclu quelque chose de vous à partir d'un silence.
« Et si j'ai besoin d'aide ? » Vous écrivez à contact@thepaintmethod.com. Une vraie adresse, sur cette page, avant l'achat.
« Peindre un paysage en trois plans »
Un livre numérique au format PDF, à lire sur votre téléphone posé à côté de la feuille, sur votre ordinateur, ou imprimé si vous préférez le papier.
Il est construit autour d'une contrainte que je me suis imposée : chaque réglage est montré sur une feuille sèche. Vous devez pouvoir comparer ce que vous avez sous les yeux avec ce qui est sur la page, et reconnaître votre cas sans avoir à le décrire avec des mots que vous n'avez pas. Les planches qui les montrent sont au nombre de soixante-cinq, toutes en couleur.
Chaque leçon se termine par une phrase qui commence par « En sortant de cette leçon, vous savez », et qui nomme quelque chose que vous faites, pas quelque chose que vous comprenez. C'est ce qui se vérifie.
Il est écrit dans une langue sans mot d'expert. Vous n'avez besoin de rien d'autre que de votre boîte, d'une image qui est à vous et d'une chute de papier.
Accès à vie, à lire et relire à votre rythme, sur le support que vous voulez.
Accès 100 % numérique, immédiat. Aucun envoi postal.
Vous recevez votre accès par email, dans la minute qui suit votre commande.
Lisez le livre. Rangez une de vos images en trois plans, ce soir, sans peindre. Posez vos trois bandes sur une chute et regardez-les sécher. Si dans les 30 jours vous estimez que ça ne vous apporte rien, écrivez à contact@thepaintmethod.com et vous êtes remboursée intégralement.
Pas de formulaire, pas de justification à fournir, pas de question. Et vous gardez le livre : je ne saurais de toute façon pas comment vous le reprendre.
Autrement dit : soit vos trois plans se comptent enfin, soit ce livre ne vous coûte rien. Le seul risque qui reste, c'est de refermer cette page et de peindre un paysage de plus où tout se tient à la même distance.
P.S. Si vous ne devez retenir qu'une chose de cette page, retenez celle-ci : un paysage se range avant de se peindre. Trois bandes de distance, trois réglages chacune, et une pose du plus loin vers le plus près. Tant que l'image n'est pas rangée, on peint des morceaux, et des morceaux se tiennent tous à la même distance.
P.P.S. Le livre est à 17 € aujourd'hui au lieu de 47 €, et il est couvert par la garantie de 30 jours. Vous pouvez le lire ce soir, tracer vos deux traits sur une image que vous avez déjà, et décider ensuite.